Dépasser ses peurs et sortir de sa zone de confort

On t'a souvent dit que tu devais sortir de ta zone de confort, non ?

Et toi, t'aimerais bien. Parce quitte à choisir, tu ne serais pas anxieux ou anxieuse. T'aimerais dépasser tes peurs, partir à l'aventure sans tout anticiper et être chill. Mais la vie en a décidé autrement et toi, t'en as marre de sentir que c'est toi le problème, n'est-ce pas ?

Alors dans cet article, j'explique ce qui se passe concrètement dans les coulisses de la résistance anxieuse et je donne des pistes pour diminuer le stress et les peurs et pour progressivement s'ouvrir à de nouvelles expériences !

Le sommaire :

Ta peur te protège

Toute personne stressée te le dirait, la phrase "détends-toi" ou la variation "arrête de stresser" ou celle plus spirituelle "fais confiance à l'univers" n'ont jamais arrêté le stress. On ne choisit pas d'être stressé ou d'être anxieux, bien souvent, on naît comme ça ou on a traversé de grands chamboulements qui ont fragilisé nos fondations.

Être stressé.e ou anxieux.se, c'est être plus réactive et plus sensible à la peur. Et la peur, c'est l'émotion qui nous prévient du danger. Notre corps et notre système nerveux sont intelligents, s'il y a un danger, ils vous nous envoyer les signaux pour que nous nous carapations, nous défendions ou nous camouflions.

Si tu as peur de quelque chose, tu le ressens en toi, dans ton corps avec tes épaules qui se tendent, ton ventre qui se noue, tes mains qui deviennent moites, et puis tes pensées qui s'agitent. Notre corps et notre système nerveux nous indiquent "hé oh, il y a quelque chose qui ne va pas". Face à un danger réel ou perçu, c'est normal et sain de vouloir se protéger.

Cette protection passe par différents mécanismes que nous mettons en place, consciemment ou inconsciemment, comme tout analyser, contrôler et recontrôler, rester sur le qui-vive, éviter de penser à ce qui nous fait peur en nous perdant dans Instagram, Netflix ou le chocolat ou éviter de sortir de notre zone de confort et rester dans ce que nous connaissons par sécurité. Tout fait sens.

Mais alors, sommes-nous voué.es à être stressé.es et paralysé.es par la peur toute la vie ? Heureusement que non !

Comprendre ses limites

Et la première étape est d'écouter et de comprendre le message de la peur. Pourquoi nous sentons-nous en danger ?

Schéma de la fenêtre de tolérance face au stress

Le Dr Daniel Siegel a développé le concept de la « fenêtre de tolérance » qui « renvoie à la zone où l’on se sent à l’aise, en contrôle et où il est plus facile de s’adapter face à différentes situations de la vie. Lorsqu’on se retrouve dans cette zone, on arrive plus facilement à réfléchir, à faire des choix éclairés et à prendre soin de soi. »

S'il y a de l'anxiété, c'est que nous sommes en dehors de cette fenêtre, dans la zone d'inconfort. Le système nerveux sympathique s'active et les mécanismes de protection avec. Cela signifie que nos limites ont très certainement été dépassées : une obligation d'animer une réunion alors que tu détestes parler en public ou un sujet de thérapie abordé alors que tu n'étais pas prêt.e, par exemple.

Il est alors intéressant d'explorer cette fenêtre de tolérance et la zone de confort. Dans quelles situations te sens-tu régulé.e et en contrôle ? À quoi ressemble une journée sans stress pour toi ? Cela te montre ce qui t'apporte sécurité et apaisement. 

Que ressens-tu dès que tu sors de cette zone de confort ? Quelles situations t'en font sortir ? Cela te montre ce qui déclenche ton stress.

Le souci avec cette fenêtre, c'est qu'elle peut devenir plus étroite si nos peurs et nos angoisses prennent trop de place. L'évitement des situations qui font peur, par exemple, rétrécit cette fenêtre. Et quand l'anxiété bouffe le quotidien, c'est déjà le signe que la fenêtre est trop étroite.

Il est alors essentiel de l'agrandir pour se sentir bien et en contrôle dans de plus nombreuses situations : que ça soit faire du parachute parce que c'est un rêve, se mettre à conduire pour un nouveau travail ou parler à des inconnus pour de nouvelles amitiés. Mais l'idée n'est pas de pousser les murs de la zone de confort coûte que coûte juste par peur de manquer quelque chose (la fameuse FOMO) ou par goût du risque (la team anxieuse préfère la certitude de toute façon 😉).

Se forcer à sortir de la zone de confort

Schéma de la zone de confort, zone de peur, zone d'apprentissage et zone de croissance

Une notion qui apparaît souvent est de se forcer à sortir de sa zone de confort. Il y a une croyance sociétale que c'est essentiel de se challenger, qu'on est plus fort.e ou meilleur.e si on dépasse nos peurs, si on expérimente de nouvelles choses plutôt que de rester dans notre routine sécurisante.

Bien sûr, il y a une part de vrai dans cela. Se confronter à de nouvelles expériences et situations nous permet d'apprendre, de se découvrir de nouvelles forces, de regagner confiance en soi et d'agrandir la zone de confort.

Mais…

Le processus n'est pas aussi simple que ça. Pour sortir et élargir la zone de confort, il faut nécessairement passer dans la zone de la peur pour arriver à la zone d'apprentissage, puis la zone de croissance qui progressivement deviendrait la nouvelle zone de confort. Traverser la zone de peur, ce n'est pas comme monter dans le petit train de la maison hantée et en ressortir 20 minutes après avec le sourire aux lèvres. Traverser la zone de peur, c'est prendre le risque d'exacerber des peurs et des angoisses déjà bien présentes, c'est prendre le risque de se tétaniser dans l'action, c'est prendre le risque de suractiver le système nerveux, de tomber en épuisement et de se sentir confrontée à la fatalité : "je n'y arriverai jamais".

Élargir la fenêtre de tolérance et la zone de confort se fait en étant dans la zone de confort, avec un sentiment de sécurité et de confort.

  • N
    Prendre confiance en soi au travers d'expériences non stressantes, pour renforcer le muscle de confiance
  • N
    Retrouver confiance en la vie, le monde, les autres en se connectant à la gratitude et souligner ce qui apporte sécurité
  • N
    Acquérir les clés pour communiquer ses besoins, respecter ses limites et ne pas se forcer
  • N
    Comprendre et savoir accueillir les émotions, y compris la peur, de manière juste pour soi
  • N
    Aller à son rythme, apaiser les blessures qui exacerbent l'anxiété avant de se challenger trop fortement
  • N
    Acquérir des outils simples pour faire redescendre le stress pour éviter les grandes angoisses
  • N
    Se reconnecter à son corps et aux sensations de calme et de sérénité

Et une fois cela acquis ou en cours d'acquisition (c'est le travail d'une vie), c'est possible de mettre un pied dans la zone de la peur. « Ok, aujourd'hui, je me sens prête pour essayer quelque chose qui me fait un peu peur » en entourant cette expérience de sécurité : soutien, régulation, retour sur l'expérience.

Un exemple concret : tu aimerais pouvoir aller au cinéma seule. Actuellement, rien que la pensée t'angoisse. Regarder un film seule chez toi, c'est ta zone de confort. Pour élargir ta zone de tolérance et te permettre d'aller au cinéma seule, nous pouvons y aller étape par étape, dans le confort sans réveiller le stress. La première étape que tu pourrais te sentir capable et sereine d'affronter, c'est faire le chemin du cinéma seule, en écoutant de la musique qui te calme. Ainsi, tu élargis ta fenêtre de tolérance, tu affrontes doucement une peur, tu accueilles ta peur en utilisant un outil de régulation (la musique) et tu ouvres progressivement ton horizon, sans dépasser de limite. Une fois que cette étape ne te fait plus peur et qu'elle fait partie de ta zone de tolérance, tu pourras te sentir prêt.e à aborder l'étape suivante. 

Avec le sentiment de sécurité, même s'il y a de la peur, elle reste gérable et la confiance apparaît. Et ainsi, la fenêtre de tolérance grandit.

Tu peux dépasser tes peurs avec douceur

Le monde nous pousse à nous faire violence, à affronter et dépasser nos peurs et sortir de notre zone de confort, pour sembler fort, courageux, dynamique. Sauf que se forcer à sortir de sa zone de confort peut exacerber l'anxiété et les traumatismes et faire plus de mal que de bien. Dans mon accompagnement thérapeutique conçu tout spécialement pour apaiser durablement ton anxiété nous apprenons ensemble à élargir ta zone de confort pour que tu puisses enfin avoir une vie qui t'épanouit et qui te plait vraiment 😊

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