Yoga et thérapie : comment le yoga nourrit ma pratique de thérapeute psychocorporelle

Ce que le yoga change dans ma façon d'accompagner

Si vous me connaissez comme thérapeute, vous savez peut-être moins que je suis aussi professeure de yoga et de méditation. Ces deux approches sont profondément liées dans ma pratique.

Bien sûr, le yoga tel qu’on le connaît peut avoir des effets bénéfiques sur le stress, la relaxation et l’humeur, notamment grâce à l’association du mouvement, de la respiration et de l’attention portée au corps. Mais le yoga est aussi une philosophie, avec des principes éthiques, relationnels et pratiques qui offrent de précieuses clés pour comprendre notre rapport à nous-mêmes, aux autres et au monde.

C’est cette vision globale de l’être humain qui nourrit ma pratique de thérapeute psychocorporelle : une approche qui prend en compte le mental, les émotions, le corps et, dans ma pratique, la dimension énergétique.

Je vous en dis plus dans cet article.

Le sommaire :

Le yoga, bien plus que des postures

Le yoga, ce n'est pas que les postures aux noms saugrenus, comme le chien tête en bas, le pigeon royal ou la posture de la tête de vache. Le yoga, c'est toute une philosophie et les postures n'en sont qu'un aspect : les asanas.

Dans la philosophie du yoga, il existe des principes éthiques qui guident notre rapport au monde et aux autres, ainsi que des principes disciplinaires dans le rapport à soi et pour mieux nous faire cheminer vers l'illumination. Ces principes relationnels et personnels se cultivent ensemble. Par exemple, il ne peut y avoir la non-violence (Ahimsa) dans ton quotidien si tu ne t'autorises pas cette non-violence envers toi-même et maintiens un dialogue interne critique. Pour en savoir plus sur ces principes, je t'invite à lire l'encadré "Les 8 piliers de Patanjali" ci-dessous. 

À cela s'ajoute, les postures vues comme le mouvement du corps pour calmer les agitations physiques et calmer le mental; puis les exercices de respiration et les différents degrés de méditation. Ces points pratiqués assidument et en cohérence amènent la yogi vers l'état de Samadhi, l'état d'éveil et la compréhension que nous ne faisons qu'un avec l'univers, avec le tout. Et c'est pour ça que Yoga signifie Union.

Nous faisons partie du tout et nous sommes en même temps, le tout. Il n'y a pas de différence, de distinction entre toi, moi ou une autre personne. Il n'y a pas de différence entre un humain, un chat ou un arbre. L'état d'éveil nous permet de comprendre cela pleinement. De le vivre, de le ressentir, d'être dans un tel détachement qu'il n'y a plus de frontière entre ce qui nous constitue et ce qui constitue le reste du monde.
Samadhi, c'est ressentir cela en soi d'une telle façon que cela dépasse les mots. Mais même sans atteindre ou sans être en permanence dans Samadhi, je trouve qu'il est possible d'adopter cette philosophie et de croire à cette idée d'Union.

C'est cette vision globale du yoga qui nourrit aujourd'hui ma façon d'accompagner les personnes en thérapie.

Le yoga comme philosophie de vie

Et c'est aussi la philosophie du yoga qui me guide dans mon quotidien, sans doute, parce que je baigne dedans depuis plus de 10 ans maintenant, mais aussi grâce à une partie de mon éducation.

C'est Ahimsa (la non-violence) qui me guide quand je mets un escargot sur le côté pour éviter qu'il ne soit écrasé, et sans tirer sur la coquille !
Ou Saucha (la pureté de corps et d'esprit) quand j'écris quotidiennement dans mon journal intime pour extérioriser ce qui me prend la tête, calmer ma colère, mes ressentiments, mes peurs. Les déposer sur le papier et les lâcher.
Ou quand la vie me challenge et m'amène à pratiquer Ishwarapranidhana (le lâcher-prise, l'abandon à) comme quand mon petit chat tombe malade.

Les 8 pilliers de Patanjali

Yamas

Les yamas sont des principes éthiques qui nous guident dans nos relations aux autres et au monde. Il y en a 5 : Ahimsa (la non-violence), Satya (la vérité, l'honnêteté), Asteya (l'intégrité, ne pas voler), Brahmacharya (la modération et le contrôle de ses désirs), Aparigraha (la frugalité).

Niyamas

Les niyamas sont des disciplines que la yogi s'impose à elle-même pour harmoniser la relation à soi et trouver le chemin de l'illumination. Il y en a aussi 5 : Saucha (la pureté de corps et d'esprit), Santosha (le contentement), Tapas (l'austérité, la discipline), Svadhyaya (l'étude de soi et des textes sacrés), Ishwarapranidhana (le lâcher-prise, l'abandon à plus grand que soi).

Asana

Les asanas sont les postures de yoga. Selon Patanjali, il est essentiel de savoir calmer le corps avant de pouvoir calmer l'esprit et pouvoir méditer pour se diriger vers l'éveil. Bouger notre corps et les asanas font alors partie intégrante du cheminement spirituel.
Savasana, la posture du cadavre, est l'exemple clé pour comprendre ce principe. C'est une des postures les plus difficiles où il s'agit de se détacher, d'observer ce qui nous parvient comme sensations, émotions, pensées, mais sans réagir. Et sans s'endormir ! Un calme serein et conscient en savasana nous montre que nous sommes prêts pour la méditation.

Pranayama

Pranayama représente les exercices de respiration. Le prana est l'énergie vitale. En développant nos capacités à réguler notre souffle, nous agissons sur notre système nerveux, notre mental, notre corps, notre énergie. Le pranayama permet de progressivement apprendre à se contrôler.

Pratyahara

Pratyahara est le contrôle des sens pour que l'esprit reste focaliser vers l'intérieur. C'est la pleine conscience : observer nos perceptions sensorielles (5 sens + interoception + proprioception) sans réagir, sans y coller des pensées, des jugements ou un mouvement vers l'extérieur, et renforcer l'interoception.

Dharana

C'est le contrôle du mental, la concentration sur un point d'ancrage. Avec Dharana, l'objectif est de concentrer notre esprit sur un objet : la respiration, une bougie, un arbre, un mantra.
Pratyahara et Dharana sont essentiels pour Dhyana, l'art de la méditation. Sans contrôle de nos sens, ni contrôle de notre mental, il est impossible de méditer.

Dhyana

C'est l'art de méditer. La concentration est dans un flow continu ininterrompu et on commence à perdre conscience de soi. On ne se rend plus compte du temps, on vit des expériences internes difficilement descriptibles.

Samadhi

C'est l'état d'éveil, l'illumination. C'est cette compréhension que nous ne faisons qu'un avec l'univers, comme une complète fusion entre Soi et la Source. Cet état peut durer quelques secondes, quelques heures, quelques jours… Il vient à nous quand nous y sommes prêts, sans attentes qui amènent l'ego, ennemi du Samadhi. Le Samadhi est une direction, sans être un objectif.

Maîtriser chacun de ces piliers nous amène progressivement vers Samadhi.

Ce que le yoga m'apporte dans ma pratique thérapeutique

À l'institut Cassiopée, pour ma certification de thérapeute, j'ai été formée sur les approches de Carl Rogers et de Carl Jung. Le yoga et la thérapie telle que conceptualisée par Jung et Rogers se marient bien ensemble.

Rogers est un des fondateurs de la psychologie humaniste. Il base la relation d'aide sur l'égalité entre accompagnant et accompagné, il n'y a pas de posture de sachant qui dit "je sais mieux que toi ce qui t'arrives et tu dois m'écouter". Au contraire, c'est toujours la cliente qui se connaît le mieux, la thérapeute vient alors en accompagnatrice : "avec mes outils, je te montre un chemin, tu peux décider si c'est le bon pour toi". Cette notion d'égalité fait, pour moi, beaucoup écho à cette notion d'union. Nous ne sommes pas différents. Mais aussi à l'humilité, le non-attachement (Aparigraha) à mes certitudes et ma carte du monde. Cette posture permet également une réelle empathie : pendant la séance, j'adopte ta carte du monde, j'accueille ce que tu ressens avec ton prisme de pensées et ton vécu et je t'offre l'accompagnement thérapeutique le plus cohérent avec tes besoins, tes envies et tes valeurs.

Dans la relation d'aide, il y a aussi cette notion de congruence. Pour être bonne thérapeute, il est primordial d'être soi-même, mais surtout de s'accepter telle que l'on est, d'être alignée. Parce que comment une cliente peut apprendre à s'accepter, si la personne en face (la thérapeute), ne s'accepte pas ? Et cela rappelle Satya, Asteya, Santosha, Svadhyaya, non ?

Carl Jung s'est énormément inspiré de philosophies et cultures orientales, et notamment la philosophie du yoga, pour développer son approche thérapeutique et mieux comprendre l'inconscient, les archétypes, le Soi. C'est principalement son approche qui me guide dans l'analyse et l'accompagnement des personnes que je rencontre.

Le principe de la philosophie du yoga que je préfère peut-être, c'est Svadhyaya : l'étude de soi et des textes sacrés, pour se comprendre. Et je crois qu'il me va bien : questions existentielles depuis toujours (LOL), lecture de mon premier livre de psycho à 11 ans, j'ai demandé au Père Noël un livre sur les religions à 20 ans, j'ai creusé jusqu'à pondre une thèse sur les rapports sociaux et de pouvoir à 27 ans.

Cette quête pour mieux se comprendre, se connaître, c'est aussi ce qui m'anime quand j'accompagne une cliente. Mais toujours avec cette idée d'intégrité (Asteya) et d'égalité. Dans l'échange thérapeutique, l'objectif c'est t'accompagner à mieux te connaître pour que tu repartes avec des prises de conscience qui t'appartiennent vraiment, qui t'aident vraiment.

Quand le corps devient un allié en thérapie

Un autre aspect que j'adore de la philosophie du yoga, c'est cette connexion entre le corps, l'esprit et l'énergie (la Source, l'univers). En séance, mais aussi en cours de yoga, votre corps parle pour vous. Vos épaules collées aux oreilles parlent de votre stress, vos démangeaisons parlent de votre mental agité, vos yeux qui scannent l'environnement parlent de votre hypervigilance, votre dos courbé parle de ce que vous portez. Tous ces signes que parfois vous ne percevez plus, je les utilise pour vous accompagner pendant les séances de thérapie psychocorporelle et mieux vous guider pendant les cours de yoga et de méditation.

Et surtout, je les souligne pour que petit à petit, grâce à Pratyahara, vous les conscientisez, avec un travail en deux temps :

  1. Je conscientise et j'apaise (je réagis) en conscience. Le corps me parle et a besoin de régulation.
  2. Je conscientise et je prends du recul, je reste en observation. Mon mental et mon corps s'apaisent naturellement. Un mantra qui reprend cette idée est "Je ne suis pas mon corps, je ne suis même pas mon esprit" de Sadhguru (personnalité bien souvent critiquée).

Prendre conscience de ses sensations corporelles, les repérer au quotidien et comprendre ce qu'elles viennent montrer peut vous aider à comprendre ce que vous ressentez à chaque instant. Pour certaines personnes, il est parfois très facile de se connecter à soi et de dire précisément "je ressens telle émotion", mais pour d'autres personnes c'est très difficile et quand elles essaient de se connecter, c'est silence radio. Cela est quelque chose que l'on peut apprendre pendant nos séances.

Dans ma pratique de thérapeute psychocorporelle, je pousse la connexion corps-mental plus loin. En séance, nous travaillons beaucoup au niveau psychologique, cognitif et émotionnel. Notre tête comprend alors des choses que notre corps a besoin de comprendre également. Et ainsi, je propose des exercices de respiration et de mouvements qui permettent d'ancrer dans le corps, ce qui a été compris dans la tête.

Un exemple que je peux vous donner pour illustrer cela : une cliente ressentait beaucoup de stress parce qu'elle se mettait beaucoup de pression et était très dure envers elle-même. Au niveau psychologique, nous avons travaillé pour renforcer son Parent Bienveillant envers elle-même et calmer son Parent Normatif qui fixait toutes les règles. Puis pour que le corps ancre cela, nous avons pratiqué des mouvements et respirations qui alternaient contractions (Parent Normatif strict) et décontractions (Parent Bienveillant souple).

Quand notre histoire familiale s'invite en thérapie

Au-delà de cette connexion au corps, c'est aussi la connexion au Tout que j'utilise souvent en thérapie pour t'accompagner. Et en particulier le Tout familial, transgénérationnel. Bien souvent, quand nous travaillons sur une problématique sur plusieurs séances et que ça ne bouge pas, je nous propose de regarder du côté de l'inconscient familial :  cet inconscient que nous partageons avec tous les membres de notre arbre généalogique et qui porte l'histoire et les traumatismes, les valeurs, les croyances familiaux. De quoi auriez-vous hérité qui ne vous appartient pas et qui, pourtant, vous bloque aujourd'hui ?

Une fois le doigt dessus, je vous guide dans un soin à l'arbre pour couper ou réparer les liens transgénérationnels concernés. Si cet aspect de mon approche thérapeutique vous intéresse particulièrement, je vous invite à découvrir les séances de psychogénéalogie.

Et tout ça, bien évidemment, toujours guidé par Ahimsa, avec bienveillance envers vous, vos problématiques, votre vécu, vos résistances. C'est dans l'accueil plein et honnête de qui vous êtes qu'enfin vous pourrez vous accepter.

 

Pourquoi je combine yoga et thérapie psychocorporelle

Le yoga ne remplace pas la thérapie. Mais parce que j'ai eu un énorme coup de coeur pour le yoga il y a plus de 10 ans et que j'ai vu moi-même les bienfaits du yoga sur ma santé mentale, j'ai choisi de l'incorporer dans mon approche thérapeutique avec sa philosophie, ses exercices de respiration, ses postures, ses méditations et cette capacité à observer et prendre du recul.

Je propose ainsi un accompagnement thérapeutique basé sur la thérapie verbale avec une approche humaniste et complété par des outils thérapeutiques issus du yoga, de la thérapie somatique et de la libération émotionnelle. Nous sommes des êtres humains faits de notre mental, nos émotions, notre histoire et notre corps et nous méritons une approche globale.

Vous aimeriez mieux vous comprendre et mon approche de thérapie psychocorporelle vous parle ? Je vous invite à découvrir mes accompagnements et cours proposés à Narbonne et en ligne.

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